Mosaïque gallo-romaine de Doulaincourt

Epoque Gallo-Romaine dans la vallée du Rognon

Une mosaïque à Doulaincourt

La Société Générale des Chemins de Fer Economiques inaugura la ligne reliant Gudmont à Rimaucourt via Doulaincourt le 29 juin 1887. Lors de la construction de la voie ferrée, on coupa, sans le savoir, les substructions d’une villa Gallo-Romaine en ouvrant la tranchée à la limite du territoire de Doulaincourt. Ces vestiges d’une époque reculée n’ attirèrent pas l‘attention des ouvriers, car ces derniers ne firent aucune tentative pour les dégager ou les suivre et ne parlèrent à personne de cette découverte, qu’ils n’ont probablement pas même remarquée.

En 1890, on trouva dans les environs, au lieu-dit sur la Trite ou St Epvre, des débris de tuiles striées et de la pierre de Chevillon sciée en dalles. A cet endroit furent tentées des fouilles qui se révélèrent infructueuses, lorsqu’un ouvrier ramassa un cube de mosaïque dans le talus de la voie ferrée. Mis en éveil par cette trouvaille, on découvrit à quelques pas un mur à un seul parement qui avait été coupé par le talus, puis à 2,70 III un autre semblable et lui faisant face. Le champ des investigations se trouvant ainsi circonscrit, on se mit aussitôt à l’œuvre pour entreprendre des recherches plus minutieuses. Celles-ci permirent de découvrir les restes d’une villa. Parmi les débris les plus intéressants: les restes d’une mosaïque à dessins géométriques mais complètement effondrée au milieu de pierres.

La mosaïque à dessins géométriques présente de l’intérêt par l’ingéniosité des entrelacs et le nombre des couleurs employées. Les cubes de 8 à 12 mm de côté comprennent les neuf«  teintes suivantes: blanc, noir, bleu pâle, bleu foncé, jaune, rouge, rouge brun, violet clair et gris jaune. Les cubes rouges sont fabriqués avec des tessons de poterie fine, les brun rouge avec du porphyre, les autres ne sont que de simples fragments de calcaires divers. Suite à l’effondrement de son support, cette mosaïque se trouve réduite en fragments si petits que la reconstitution de son ensemble est impossible. On a pu cependant prendre un croquis approximatif de l’agencement ingénieux des entrelacs sur un morceau d’environ un demi mètre carré qui était resté horizontal, mais dont les cubes avaient si peu d’adhérence entre eux qu’il a été impossible de songer à la transporter, voire de la nettoyer pour en voir distinctement le dessin. Cette mosaïque devait former le pavage de  l’atrium ou cour intérieure de la villa.
L’on trouva aussi :
– des fragments de stuc, sans intérêt
– de grands clous en fer
– des fragments de poterie
– deux terrines en terre, une assiette creuse et un vase en terre.

compte-rendu de D. de Gésincourt année 1895 / Annales de la Société dArchéologie de Chaumont
( 1873 )