Un Bus pour le Ciné

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UN BUS POUR LE CINÉ-  2018

2éme édition pour  l’animation de l’association   CINÉ-CLAP

DIMANCHE 13 MAI

départ devant la Mairie de Doulaincourt  à 12h45 précises

projection
au cinéma ” A l’affiche ”
de  Chaumont

 

le film de cette année :

Monsieur je-sais-tout  “

France 2018 -Comédie
Synopsis :   Vincent Barteau, 35 ans, entraîneur de foot d’1,92 m, voit débouler dans son quotidien de célibataire invétéré, son neveu, Léo, 13 ans, 1,53 m autiste Asperger et joueur d’échecs émérite. Cette rencontre aussi singulière qu’explosive va bouleverser l’existence de Vincent et offrir à Léonard la chance de sa vie.
Durée : 99 mn
De : François Prevot-Leygonie et Stéphan Archinard
Avec : Arnaud Ducret, Max Baissette de Malglaive, Alice David

   voir la Bande-Annonce   

Renseignements et réservations :  Gérard HUON


cine-clap-logo  UN BUS POUR LE CINÉ -2017

L’association CINÉ-CLAP a réalisé  dimanche 14 mai 2017 sa première sortie au cinéma “A l’affiche” de Chaumont.

32 personnes avaient accompagné Gérard HUON dans cette aventure, et avaient visionné le film “Sage femme “ de Martin PROVOST avec Catherine DENEUVE et Catherine FROT, dans une ambiance très conviviale.

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Témoignage d’un Poilu

Fayl-Billot 20 octobre 1976

Monsieur le Maire
et son
Conseil Municipal

En ma qualité de compatriote, je me permets de vous remettre cette communication.
Le 9 mai 1915 sans qu’ils aient connaissance, cinq lurons de Doulaincourt se trouvaient l’arme qu’au pied à 4 km de Neuville St Vaast , PC dont ils ont ordre de s’emparer.
Les 9 et 10 mai on s’est massacré rageusement jusqu’à la nuit.
Deux bataillons de Bavarois tentent de reprendre Neuville, ils échouent et laissent de nombreux morts et blessés sur le terrain.
Les appels et les implorations de ces derniers nous font vivre des heures d’épouvante.
Une voix qui semble être celle d’un gamin ne cesse de crier: mama , tout en sanglotant.
Brusquement Louis Remy et deux camarades se défont de leurs équipements pour aller chercher ces blessés.
Nous leur crions : n’y allez pas alors Louis Rémy de répondre : j’en ai assez de les entendre gueuler comme ça.
Ils n’ont pas fait dix mètres que deux coups de feu claquent.
Aussitôt, Louis Rémy revient en titubant, il bascule dans nos bras et meurt aussitôt.
Qui a tiré ! un blessé démoniaque, on ne le saura jamais.
Ce jeune bûcheron, devenu facteur des postes , d’une parfaite gentillesse, je l’aimais comme un frère.
Quelle force supérieure et singulière l’a poussé à s’élever à la hauteur d’un humanisme, qu’aucun homme n’a jamais atteint, sinon le Christ lui-même.
Quant à nous, mes compatriotes de tous âges, soyez fiers d’appartenir à une cité qui a donné naissance à un tel homme.
Ce ne serait pas trop demander, que le nom de Louis Rémy, aille de bouche en bouche comme une légende à travers les générations futures.
Louis Rémy tu n’es pas mort les armes à la main, mais quelle belle âme tu possédais.
Au printemps 1919, accompagné de sa mère et de sa femme, j’ai tenté de retrouver le corps de notre héros,   mais en vain.

Roger GUILLERY
“Les Pommeries”
FAYL-BILLOT 52500

N.B. mon ultime ambition serait que cette communication soit lue dans les écoles de notre cité , ou encore, si vous le jugez possible, le 11 novembre prochain devant le monument aux morts.
Par avance je vous en remercie en vous priant de croire à mes sentiments les meilleurs.

 

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Chemin de fer d’intérêt local de la vallée du Rognon: Le COCO

Un peu d’histoire locale : le chemin du “COCO”

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par M. Michel DUBOIS , de Saint-Mémie (Marne)

Iconographie : MM Robert BÉRARD et Gino MICHELOTTI

Le “COCO”, ce nom de baptême populaire et bien sympathique, il le doit à la Compagnie qui l’a construit et exploité : LA SOCIÉTÉ GÉNÉRALE DES CHEMINS DE FER ÉCONOMIQUES ( S.E.). Juridiquement, il s’agit du CHEMIN DE FER D’INTÉRÊT LOCAL DE LA VALLÉE DU ROGNON. Sa mise en service date du 1er Juillet 1887. Durant les 63 ans de son exploitation, il sert les populations et contribue à l’essor industriel de la très belle vallée du ROGNON. Il en est même le véritable poumon économique pendant de longues années. Viennent ensuite pour lui les difficultés de la concurrence née des progrès constants de la technique routière. Lentement mais inexorablement, la préférence va aux camions qui lui ravissent ainsi son noble rôle. La spirale infernale s’engage : moins de trafic, moins de recettes, mesures d’économies allant jusqu’à la suppression de certains services, quasi­-disparition de l’investissement pour modernisation, entretien minimum, mauvaise qualité des prestations, pertes de clients …  et la triste fin.

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Pourtant la disparition du “COCO” le 1er juillet 1950 (date de la fermeture de la ligne à l’exploitation) n’a pas seulement sa source dans les effets de la concurrence routière. D’autres facteurs moins visibles mais tous aussi réels, y ont contribué et méritent d’être pris en compte. Le tassement voire la chute de l’activité économique de quelques uns de ses clients, les pressions exercées par certains autres qui, particulièrement influents, obtiennent du Préfet la baisse des tarifs de transport des marchandises privant ainsi la Compagnie d’une part de recettes non négligeable, sans oublier les parfois très délicates relations fonctionnelles de ce petit chemin de fer avec la toute puissante Compagnie de l’Est qui, le 1er janvier 1938 devient S.N.C.F., sont autant de motifs supplémentaires aux conséquences néfastes sur le difficile équilibre économique du “COCO”. Il n’a pas à rougir de son existence qui est en tous points comparables à celle des autres chemins de fer d’intérêts local qui se sont créés et développés à la fin du 19ème siècle suivant. C’est avec une certaine tendresse que depuis un an, je me lance sur les traces de ce besogneux que l’on m’avait décrit comme un tortillard lent, inconfortable et prenant des aises avec les horaires. Ce n’est pas ainsi qu’il était perçu au cours de son existence, alors que la vallée entière vivait au rythme de ses circulations. L’histoire du “COCO” sommairement résumée ci-après, s’articule autour de quatorze chapitres qui, volontairement ne traitent pas des aspects financiers, juridiques et administratifs qui ont régi son fonctionnement.

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LES PROJETS DE LIGNES

Ils ont été nombreux et les plus anciens datent certainement des années 1863-1864, voire d’avant. En 1866, l’ingénieur en Chef des Ponts et Chaussées de Haute-Marne en présente un plutôt original dans son tracé, du fait de sa forme en “Y” dont l’une des branches a pour origine GUDM0NT et l’autre DONJEUX. Elles se rejoignent un peu avant SAUCOURT au niveau du ROGNON, la ligne pouvant ainsi emprunter la vallée jusqu’à RIMAUCOURT La branche venant de GUDMONT comporte un tunnel d’environ 250 mètres de long permettant son passage, pratiquement à niveau constant, de la vallée de la Marne à celle du Rognon. Ce projet n’est pas retenu. La volonté politique de la réalisation d’un chemin de fer ne s’affirme véritablement qu’à partir de 1878 quand, au cours de cette même année le Préfet autorise officiellement les études, les confie à une compagnie parisienne d’ingénieurs-constructeurs et ordonne une enquête administrative d’utilité publique dans la perspective des formalités d’expropriation au vu du tracé proposé par cette compagnie.

LA LIGNE : SON TRACÉ, SA CONSTRUCTION

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L’enquête administrative ordonnée par le Préfet en 1878 en défini bien sûr le rôle économique, mais aussi le tracé dans les termes suivants : ” … le chemin de fer de la vallée du Rognon est destiné à mettre en communication directe les populations et les établissements industriels de la vallée du Rognon avec les lignes de BLESME à GRAY, de CHAUMONT à TOUL et avec le canal de la Marne à la Saône, passant par ou près SAUCOURT, DOULAINCOURT, BETTAINCOURT, ROCHES, VIGNES et MONTOT se soudant aux lignes de l’Est ” d’une part à ou près GUDMONT, d’autre part à ou près RIMAUCOURT .

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Ce tracé est officiellement approuvé en 1885. Sur la totalité du parcours, la vitesse limite à ne pas dépasser par les trains est de 40 km/h. Quittant GUDMONT, la ligne gravit un dénivelé d’environ 31 mètres, passe par un faîte en tranchée et s’engage dans la vallée du ROGNON par une déclivité qui, comptée de cet endroit jusque DOULAINCOURT, représente une vingtaine de mètres. De GUDMONT à RIMAUCOURT la ligne parcourt 20,9 km en voie unique et ne compte pas moins de 50 courbes d’un rayon minimum de 250 m. La déclivité maximale atteint 17,2 mm/m à proximité de son faîte, côté GUDMONT

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Au moment de la construction trois embranchements sont prévus et se raccordent à la principale ; celui du port du canal à GUDMONT, celui de l’entreprise REMOND à ROCHES et celui des forges de RlMAUCOURT. D’autres s’y greffent ultérieurement. Les travaux de terrassement se traduisent entre GUDMONT et SAUCOURT par une succession de déblais et remblais relativement important pour une si petite ligne de chemin de fer. La descente vers SAUCOURT et DOULAlNCOURT s’effectuant à flanc de coteaux, la plate-forme trouve son appui grâce à de longs murs de soutènement en maçonnerie. De DOULAiNCOURT à RlMAUCOURT le tracé emprunte le fond de la vallée. De ce fait, le profil s’aplatit. Seulement, cette situation impose la rencontre de nombreux cours d’eau, plus ou moins larges, qu’il convient alors d’enjamber par des ponts, aqueducs et buses.

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LA VOIE

Elle est à l’écartement normal de 1,44 mètre entre les deux files de rails. Ces derniers, de petites section (25 kg/m) sont formés de coupons de 8 m de long. Mis bout à bout, il sont réunis par des éclisses boulonnées et fixés sur des traverses en chêne par des tire-fond. La voie constituée repose sur un lit de ballast composé de laitier et scories. Elle est bordée tout du long par une ligne téléphonique aérienne mettant en relation toutes les gares du parcours.

LES OUVRAGES UTILES AU RÉTABLISSEMENT DES COMMUNICATIONS

Trente sept passages à niveau sont nécessaires pour permettre aux routes et chemins de traverser la ligne. Ce nombre varie suivant que l’on considère ou non quelques traversées piétonnières. En 1887, quatre de ses passages à niveau sont gardés. On les trouve à GUDMONT, à ROCHES, entre VIGNES et RIMAUCOURT et le dernier à RIMAUCOURT juste avant l’entrée de la ligne en gare. D’abord assurée par des chaînes tendues en travers de la chaussée, la protection des usagers de la route est ensuite améliorée par la pose de barrières roulantes, plus visibles. Deux ponts sont édifiés entre GUDMONT et SAUCOURT. Le premier appelé “le Pont du Diable” enjambe précisément au faîte de la ligne la grande tranchée des bois de DONJEUX, rétablissant ainsi le chemin d’exploitation qu’elle coupe et au fond de laquelle, 10 mètres plus bas, circule le “COCO”. Le second situé près de SAUCOURT rétablit un chemin pour l’exploitation forestière. A cet endroit, la voie passe sur le pont.

LES OUVRAGES UTILES A L’ÉCOULEMENT DES EAUX

Ils sont au nombre de trente cinq qui vont de la simple buse au pont à tablier métallique en passant par une gamme d’aqueducs et ponts de décharge de différentes tailles. Classés dans l’ordre décroissant de leur importance, les ponts sont les suivants:
– le pont métallique de 22 m d’ouverture droite, disposé de biais sur le ROGNON, comportant trois travées et situé à M0NTOT
– le pont métallique de 6, 00 m d’ouverture droite, disposé de biais sur le sous-bief des forges de MONTOT.
– le pont métallique de 5,00 m sur la MANOISE à VIGNES
– et celui de 4, 00 m sur le ruisseau de VIGNES à VIGNES.

LES GARES

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La plus importante est celle de GUDMONT.  C’est elle qui assure le plus fort trafic avec son embranchement du port du canal : qui est dotée du personnel et des installations d’entretien du matériel et qui abrite la direction de la ligne. Il faut distinguer deux types de gares, celles dites “communes” et celles propres au “COCO”. Les gares communes sont situées aux deux extrémités de la ligne, donc à GUDMONT et à RIMAUCOURT. Elles sont également gares de jonction puisque les voies du “COCO” y rejoignent celles de la Compagnie de l’ Est et s’y greffent. Dans les gares communes, les deux compagnies vivent chacune leur propre exploitation, dans les mêmes locaux et bâtiments, et s’entendent quant aux modalités pratiques d’échange des flux transitant des installations de l’une aux installations de l’autre. Ce régime de communauté fonctionne jusqu’en 1928.  Cette année là, pour des raisons imprécises, la SE. et la Compagnie de l’ Est séparent leurs services, chacune d’elles s’équipant, à GUDMONT et à RIMAUCOURT d’une gare particulière. A partir de 1928, la SE. a donc l’usage exclusif de toutes ses gares et stations. D’une manière générale leurs bâtiments sont construits en briques avec leurs encadrements d’angles en pierres de taille. Ils comportent une halle attenante destinée au transit des marchandises desservie par une voie de service doublant la principale. Avec la chute du trafic, les gares de SAUCOURT et MONTOT sont déclassées en simples haltes.

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LE SERVICE DES TRAINS

A l’exception des dernières années de son exploitation, les circulations s’établissent à raison de trois dessertes quotidiennes dans chaque sens, une le matin, une en milieu de journée, une en soirée. Elles assurent le service des voyageurs et celui des marchandises. Les trains de milieu de journée sont des trains mixtes qui acheminent ensemble les voyageurs et les marchandises. Le parcours de GUDMONT à RIMAUCOURT est couvert en 50 minutes par les trains de voyageurs et en 1h10 par les trains mixtes, ces derniers manœuvrant dans les gares et sur les embranchements. Les horaires des circulations sont bâtis de façon à permettre les correspondances avec les trains de la Compagnie de l’ Est aux deux gares de jonction. En 1945, la ligne n’est plus desservie que par trois navettes hebdomadaires. Fautes d’assurer une rentabilité suffisante, le service des voyageurs est supprimé en 1946 et l’exploitation cesse le 1er Juillet 1950.

LES LOCOMOTIVES

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Ce sont les trois mêmes petites locomotives à vapeur qui, pendant 63 ans assurent la traction des trains. Ces locomotives du type 030 T loco-tender sont construites en 1886 par Les Etablissements GOUIN devenus la SOCIETE GENERALE de CONSTRUCTION de LOCOMOTIVES des BATIGNOLLES. Elles sont numérotées 3031, 3032, 3033 et sont respectivement baptisées “La GUDMONT”, “La RIMAUCOURT” et “La DOULAINCOURT”

LE MATÉRIEL REMORQUE

Le service des voyageurs est assuré par quatre voitures et deux fourgons à deux essieux. Deux voitures de 3éme classe offrent chacune 50 places assises contre seulement 38 places pour les deux voitures mixtes de 1ère, 2ème et 3ème classe. Les fourgons sont utilisés pour le freinage des rames, le transport des bagages de la messagerie et de la poste. Une rame se compose d’une voiture de “e classe, d’une mixte et d’un fourgon dans lequel prend place le Chef de train. Le parc du matériel pour le transport des marchandises est plus important. Il se compose de petits wagons à deux essieux dont 8 couverts, 40 tombereaux, 10 plats ordinaires et 4 plats à traverses pivotante du type “fardier” pour le transport des grumes et poteaux de grande longueur. Dès l’ouverture de la ligne, les wagons peuvent passer des voies d’une compagnie aux voies de l’autre, sans transbordement de la marchandise aux gares d’échange. Pourtant cette facilité ne semble être utilisée qu’à partir de 1900-1905, année marquée par la généralisation des wagons à grand empattement sur les voies de la Compagnie de l’Est

LE PERSONNEL

A l’exception des dernières années de l’exploitation, les effectifs du personnel sont restés de l’ordre de la trentaine d’agents, non compté, le personnel contractuel. Les métiers y sont ceux du monde ferroviaire de l’époque, c’est-à-dire correspondant à des emplois de mécaniciens, de chauffeurs, de chefs de train, de chefs de gare, d’ouvriers ajusteurs, de cantonniers et de gardes-barrières. Tous se trouvent sous l’autorité d’un inspecteur qui a son bureau en gare de GUDMONT et qui assure la Direction de la ligne. Les femmes sont présentes dans les effectifs et se voient confier la garde des passages à niveau ou la responsabilité d’une halte ou d’une station.

LE TRAFIC “VOYAGEURS” ET “MARCHANDISES”

En 1912, 44.500 voyageurs ont recours aux services du “COCO”. En 1934 ils sont encore près de 20.000. Le 03 juin 1946, à la suppression de ce service, les statistiques des cinq premiers mois de l’année sont arrêtées au nombre de 4.000 personnes. La plupart des utilisateurs sont des ouvriers qui résident dans les localités de la vallée du ROGNON et qui chaque jour se rendent à leur travail, parfois même jusque SAINT-DIZIER. Les différents comptages effectués dans les trains attestent de ce flux migratoire quotidien pour motif professionnel. En 1912, le “COCO” transporte également 116.000 Tonnes de marchandises contre seulement 32.000 en 1934. En 1949, l’année qui précède celle de la fermeture de la ligne, le trafic n’est plus que de 18.400 Tonnes. La fonte, les métaux, le charbon et le coke représentant à eux seuls environ les deux tiers de ces différents tonnages. Viennent ensuite les transports de bois, de poteaux télégraphiques et de mines. Les autres flux concernent les scories, le charbon de bois, les matériaux de construction et divers produits.

LES ACCIDENTS ET INCIDENTS

La plupart des accidents graves sont survenus à l’occasion des passages à niveau. C’est ainsi par exemple, que le 04 décembre 1896 à 21h30, Monsieur Albert RENAUD de SIGNEVILLE, est heurté par le train au passage à niveau non gardé de MONTOT après qu’il eut, dit le rapport d’accident, engagé imprudemment son attelage sur la voie. Agé de 29 ans, Monsieur RENAUD, décède le lendemain des suites de ses blessures. Les animaux eux aussi, ont à souffrir de leur rencontre avec le “COCO”, en général des vaches errant sur la voie. C’est le cas le 31 mai 1915, lorsque la circulation du matin venant de GUDMONT en écrase une, appartenant à Monsieur Lucien MOUGEOT, cultivateur à SAUCOURT et alors mobilisé. L’animal avait quitté le troupeau que gardait le fils de Monsieur MOUGEOT, âgé de quatorze ans. Les déraillements sont heureusement toujours restés sans conséquences graves pour les voyageurs et le personnel, provoquant au plus des dégâts moins importants. Le premier d’entre eux eût lieu le 20 août 1887, soit un peu plus d’un mois et demi après l’ouverture de la Ligne à l’exploitation. Il se produit à 21h30, peu avant l’arrivée du train en gare de DOULAlNCOURT par suite de la rupture d’un rail au moment du passage du convoi. Au chapitre des incidents, il convient de signaler les pannes survenues aux locomotives, provoquant des retards, voire des ruptures de correspondances aux gares de jonction.

LA FIN DU “COCO” :

L’exploitation de la ligne cesse le 1er Juillet 1950. Le matériel et la voie, mal entretenus depuis des années, sont à limite d’usure. Le 11 Août, la S.E. remet la totalité des biens du “COCO” au Département qui lui cède gratuitement les trois locomotives.  Seule “LA RIMAUCOURT” évitera la casse. Cinq wagons du parc sont rachetés par la S.E. qui les dirige vers d’autres réseaux qu’elle continue d’exploiter. Quarante autres véhicules sont vendus à une entreprise de démolition et Maître PERDRIER, notaire à DOULAINCOURT, procède à la vente aux enchères de l’outillage et du mobilier. Le 1er Juillet 1953, le déclassement de la ligne est prononcé avec parution au Journal Officiel le 16. La voie est déposée et les tabliers métalliques des ponts ferraillés. Ne possédant aucune installation de la gare de GUDMONT, pas même le bâtiment des voyageurs, la SNCF la rachète au Département ainsi qu’une bonne partie du domaine utile à son exploitation.

QUE SUBSISTE-T-IL DU “COCO” ?

le-cocoQuarante trois ans après sa disparition, le “COCO” est d’une certaine manière encore bien présent dans la vallée du ROGNON.  Pas question de chercher sa voie bien-sûr ! Pourtant son empreinte est partout et nombreux sont les vestiges qui nous le rappelle, témoignant de la belle réalisation que fût ce petit chemin de fer départemental. Présent, il l’est également dans les esprits. Seule la partie du tracé comprise entre GUDM0NT et le Pont du Diable a totalement disparu, anéantie par les travaux d’extraction de la carrière. La partie jusqu’à l’ancienne gare de SAUCOURT peut aisément être parcourue à pieds. C’est la plus belle de toute la ligne, à un point tel qu’elle n’a rien à envier à certains chemins de fer dits “de montagne”. Elle livre de beaux vestiges du savoir-faire de la fin du 19e siècle, avec deux ponts et une succession de longs et hauts murs de soutènement qui surplombe le ROGNON de SAUCOURT à ROCHES, la promenade peut s’effectuer en voiture, un chemin carrossable ayant remplacé la voie. Au-delà, la plate-forme encore visible, traverse les prés jusqu’à l’ancien raccordement des forges de RIMAUCOURT et la voie de l’embranchement du silo emprunte actuellement et très précisément le tracé de l’ex-ligne, jusqu’aux voies de la SNCF. Les bâtiments des gares sont devenus des habitations particulières qui d’une manière générale n’ont pas subi de transformations majeures, tout juste la disparition de certaines halles ou leur habilitation en espaces habitables. Le site de gare le mieux conservé et qui de ce fait restitue le plus une partie de l’ambiance ferroviaire de l’époque est incontestablement celui de M0NTOT. Les ponts en maçonnerie sont encore bien visibles, ainsi que les aqueducs. Par contre de ceux à tablier métallique de MONTOT et VIGNES, il ne subsiste plus que les piles et culées en pierre.
Mais, le plus beau souvenir concret du “COCO”, est entretenu à LONGUEVILLE par les membres d’une association de passionnés. Il s’agit bien sûr de la RIMAUCOURT qui, plus d’un siècle après sa construction lâche encore de temps en temps ses panaches de fumées mêlées de vapeur. Quelle belle petite machine et quel dommage qu’elle ne puisse plus répandre son parfum de charbon et d’huile chaude dans la vallée du ROGNON !

Août 1993

Michel DUBOIS


LES GRANDES DATES DE L’HISTOIRE DU “COCO”

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1878      Le préfet ordonne une enquête administrative d’utilité publique.

1880 Création de la SOCIÉTÉ GÉNÉRALE des CHEMINS de FER ÉCONOMlQUES

1881 Le conseil Général concède la construction et l’exploitation de la ligne à la SOCIÉTÉ GÉNÉRALE des CHEMINS DE FER ÉCONOMIQUES. Signature de la Convention.

1882 La ligne est déclarée d’utilité publique.

1884 Circulation du train inaugural

le 29 juin 1887 Ouverture de la ligne à l’exploitation

le 1er juillet 1888 Toutes les gares sont ouvertes au service des colis postaux jusqu’à 3 kg.

1892 Extension du service des colis postaux de 3 à 5 kg.

1898 Extension du service des colis postaux de 5 à 10 kg

1928 Suppression du régime de communauté à GUDMONT et RIMAUCOURT et ouverture de deux gares distinctes.

1933 Projet de desserte “voyageurs” par autorails. Pas de suite.

1939 Suppression du service “voyageurs”

1940 Arrêt du trafic face à l’avancée des troupes allemandes.

Le 19 novembre le trafic reprend y compris le service “voyageurs”.

1946 La ligne es définitivement fermée au service “voyageurs”.

1950 Fermeture totale à l’exploitation le 1er juillet


NOTRE COCO …

RIMAUCOURT – DONJEUX, via DOULAINCOURT, par le train !  Voilà un service que beaucoup aimeraient revoir fonctionner. Il ne nous en reste plus que la gare, occupée maintenant par une famille nouvellement Doulaincourtoise, et le trajet de la voie ferrée. La “ligne”, qui peut nous conduire, à pied ou en voiture, jusqu’à la gare de SAUCOURT le long du ROGNON.

Le fameux “COCO “, le train, dont l’histoire vous a été relatée, nous a laissé de nombreuses anecdotes, et surtout une chanson. Grâce à la collaboration active des générations et des compétences, le travail de recherche et la voix de notre Jeanne FLEURET ont permis à Mlle Sylvie NORGET maintenant Mme CORDIER récemment installée comme Professeur de Musique au lotissement HLM, de nous transcrire ce morceau de choix.

Grand Merci à toutes deux ! Avis à toutes les archives et mémoires : faites nous parvenir les couplets manquants, même les bribes et tous les récits pouvant s’y rapporter.  Qui connaît l’auteur ?

Et maintenant, à vos pianos, accordéons et cordes vocales.

En 1994 la chorale “CANTICORUM”  l’ajoutait à son répertoire.


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SAINT-MARTIN de DOULAINCOURT

L’église SAINT-MARTIN de DOULAINCOURT

notice de la DRAC Champagne-Ardenne .

Direction régionale des Affaires culturelles

Site de Châlons-en-Champagne

L’édifice

L’église Saint-Martin de Doulaincourt a été entièrement reconstruite au XVIIIe siècle afin de remplacer l’édifice antérieur qui était en mauvais état et qui était devenu trop étroit. Les travaux se déroulent de 1732 à 1737. Dès 1751, une tempête endommage gravement la toiture qui doit être entièrement refaite. Ce n’est qu’à la fin du XVIIIe siècle que l’église acquiert sa silhouette actuelle avec la construction du clocher-porche qui remplace l’ancien clocher. Le devis de ces travaux est établi en 1786 par un architecte de Wassy, Didier Pierret.

En 1877, le chœur reçoit des vitraux réalisés par le maître-verrier rêmois Haussaire. L’intêrèt patrimonial de l’église est reconnu en 1990 par son inscription au titre des monuments historiques.

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L’église Saint-Martin de Doulaincourt présente la particularité de ne pas respecter l’orientation traditionnelle des églises vers l’est. Elle a été tournée vers l’ouest pour permettre de placer l’entrée en bordure de la grande rue. Le clocher-porche permet d’accéder aux trois vaisseaux de la nef et des collatéraux qui présentent tous la même hauteur sous voûte suivant un parti caractéristique des églises-halles de l’Est de la France. Séparée des collatéraux par des colonnes d’ordre toscan, la nef débouche sur une abside rectangulaire terminée par un chevet plat.

Le décor

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 L’église Saint-Martin de Doulaincourt est ornée d’un somptueux décor exécuté vers 1740. Il est composé de trois retables en pierre et stuc ornant respectivement le chœur et les chapelles latérales. Il est complété par des peintures murales et un décor de stuc sur la voûte du chœur.

retable

 Le retable du maître-autel, dans le chœur, est orné en son centre d’un tableau représentant probablement une scène de la vie de saint Martin. De part et d’autre prennent place deux sculptures figurant saint Pierre et saint Paul. Le fronton du retable représente Dieu le Père dans les nuées accompagné des anges tenant les instruments de la Passion.

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Le retable de la chapelle latérale gauche est dédié à la Vierge du Rosaire. La scène centrale représente la Vierge avec l’Enfant. À l’origine, un chapelet devait être placé dans la main droite de Marie. Les statues de saint Dominique et de sainte Catherine de Sienne, les deux saints patrons du Rosaire prennent place de part et d’autre du haut-relief central. Le fronton est orné d’une représentation de la colombe du Saint-Esprit entourage d’anges dans des nuées.

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Le retable de la chapelle latérale droite est consacré à saint Roch. Né au XIVe siècle à Montpellier, saint Roch entreprend un pèlerinage à Rome. Dans les Apennins, il découvre une ville ravagée par la Peste et guérit des malades en traçant sur eux le signe de la croix. Sur le chemin du retour un ange le prévient qu’il devra lui aussi souffrir de ce mal. Pour empêcher la contagion, saint Roch se retire dans une forêt. Afin de pourvoir à son alimentation jusqu’à sa guérison, Dieu fait en sorte qu’un chien du voisinage apporte chaque jour à saint Roch un pain dérobé à son maître. Cet épisode de la vie du saint est représenté sur le haut-relief ornant le centre du retable. Le fronton représente le Cœur de Jésus dans une nuée d’anges. Les deux statues qui flanquent le retable figurent saint Nicolas et un saint évêque, peut-être saint Martin.

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 Depuis 1974, les trois retables sont classés au titre des monuments historiques.

Les travaux de restauration

Les travaux de restauration menés en 2011 ont permis de découvrir sur le retable du maître- autel une inscription indiquant « cest ouvrages aite fait par jaque françois et jean Batiste Marcas ». La découverte de cette signature permet d’affirmer que le riche décor de l’église de Doulaincourt a été exécuté par deux frères, Jacques-François Marca (1693-1773) et Jean-Baptiste Marca (1702- après 1756).  Issus d’une famille originaire de Mollia dans le Piémont, ces deux stucateurs sont principalement actifs en Franche-Comté où ils ont participé à la réalisation du décor de nombreuses églises. La technique du stuc rend possible un travail en série, par la réutilisation d’un même moule. L’église Saint-Julien de Fretigney (Haute-Saône) renferme ainsi un retable dont le fronton est orné d’un relief représentant les anges tenant la croix identique à celui qui orne le retable du chœur de l’église de Doulaincourt.

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En 1826-1827, les trois autels sont remplacés par les autels en marbre toujours en place dans l’édifice. En 1828, Ambroise Tripier refait le décor en faux-marbre des retables. Les retables sont sans doute repeints une nouvelle fois au cours du XIXe siècle car lors des travaux menés en 1990, deux couches de repeints ont été mises en évidence au-dessus de la couche originelle.

La restauration des décors

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La restauration du décor de l’église de Doulaincourt commence en 1986 par une étude de polychromie réalisée par M. Moulinier. Il s’agit de déterminer combien de couches de peinture ont été apposées sur le retable et s’il est possible de retrouver l’aspect originel du retable en retirant les repeints. En 1989 et 1992, la restauration des deux retables latéraux permet de dégager les repeints disgracieux qui alourdissaient les sculptures. Le marbre étant sensible à l’humidité, les autels remplacés en 1826-1827 se sont dégradés au fil du temps. En 2003-2004, les autels latéraux font donc l’objet d’une campagne de restauration afin de traiter les désordres structurels qui sont apparus. Les éléments manquants du décor des autels sont alors complétés en prenant comme modèles les parties préservées qui sont reproduites à l’identique.

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 La restauration du décor de l’église s’est achevée en 2011 par une intervention sur les décors peints du chœur et sur le retable du maître-autel réalisée par la société ARCAMS. L’autel présente alors des désordres structurels liés à la désagrégation de la structure maçonnée et à la rupture des agrafes métalliques qui maintenaient les plaques de marbre. Ces désordres ont été traités et les éléments du décor en marbre qui s’étaient détachés ont été replacés sur l’autel. La polychromie du retable était dissimulée sous un lourd badigeon grisâtre. Ce repeint qui alourdissait les sculptures a été allégé. L’ensemble des décors peints du chœur a été nettoyé et les petites lacunes ont été réintégrées. Le repeint bleuté de la voûte a  été retiré afin de lui rendre sa blancheur originelle.

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Sources :

DAUTREY (Philippe), « Reconstruire une église au XVIIIe siècle : le cas de Saint-Martin de Doulaincourt », dans Les Cahiers Haut-Marnais, 1989, n°176, pp. 13-28.

BARBIER (Marc), DAUTREY (Philippe), DECRON (Benoît), DUMONTET (Cyril), SONRIER (Marie-Agnès), « Le retable de l’église Saint-Martin de Doulaincourt » dans La Haute-Marne libérée, 3 décembre 1990

OLIVERES (Joël), Rapport de restauration des décors peints de l’église Saint-Martin de Doulaincourt-Saucourt, 2011.

ZITO (Mickaël), Les Marca (fin XVIIe – début XIXe siècles) : itinéraires et activités d’une dynastie de stucateurs piémontais en Franche-Comté et en Bourgogne. Art et histoire de l’art. Université de Bourgogne, 2013.
Disponible sur Internet : https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01221300/document

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La Poésie du mois

Stances à Thirsis

Thirsis, il faut penser à faire la retraite :
La course de nos jours est plus qu’à demi faite.
L’âge insensiblement nous conduit à la mort.
Nous avons assez vu sur la mer de ce monde
Errer au gré des flots notre nef vagabonde ;
Il est temps de jouir des délices du port.

Le bien de la fortune est un bien périssable;
Quand on bâtit sur elle on bâtit sur le sable.
Plus on est élevé, plus on court de dangers :
Les grands pins sont en butte aux coups de la tempête
Et la rage des vents brise plutôt le faîte
Des maisons de nos rois que les toits des bergers.

Ô bienheureux celui qui peut de sa mémoire
Effacer pour jamais ce vain espoir de gloire
Dont l’inutile soin traverse nos plaisirs,
Et qui, loin, retiré de la foule importune,
Vivant dans sa maison content de sa fortune,
A selon son pouvoir mesuré ses désirs.

Il laboure le champ que labourait son père ;
Il ne s’informe point de ce qu’on délibère
Dans ces graves conseils d’affaires accablés ;
Il voit sans intérêt la mer grosse d’orages,
Et n’observe des vents les sinistres présages
Que pour le soin qu’il a du salut de ses blés.

Roi des passions, il a ce qu’il désire,
Son fertile domaine est son petit empire ;
Sa cabane est son Louvre et son Fontainebleau ;
Ses champs et ses jardins sont autant de provinces,
Et sans porter envie à la pompe des princes,
Se contente chez lui de les voir en tableau.

Il voit de toute part combler d’heur sa famine,
La javelle à plein poing tomber sous la faucille,
Le vendangeur ployer sous le faix des paniers ;
Et semble qu’à l’envi les fertiles montagnes,
Les humides vallons et les grasses campagnes
S’efforcent à remplir sa cave et ses greniers.

Il suit aucunes fois un cerf par les foulées,
Dans ces vieilles forêts du peuple reculées
Et qui même du jour ignorent le flambeau ;
Aucunes fois des chiens il suit les voix confuses
Et voit enfin le lièvre, après toutes ses ruses,
Du lieu de sa naissance en faire son tombeau.

Tantôt il se promène au long des fontaines,
De qui les petits flots font luire dans les plaines
L’argent de leurs ruisseaux parmi l’or des moissons ;
Tantôt il se repose avecque les bergères
Sur des lits naturels de mousse et de fougères,
Qui n’ont d’autres rideaux que l’ombre des buissons.

Il soupire en repos l’ennui de sa vieillesse
Dans ce même foyer où sa tendre jeunesse
A vu dans le berceau ses bras emmaillotés.
Il tient par les moissons registre des années,
Et voit de temps en temps, leurs courses enchaînées,
Vieillir avecque lui les bois qu’il a plantés.

Il ne va point fouiller aux terres inconnues,
A la merci des vents et des ondes chenues,
Ce que nature avare a caché de trésors,
Et ne recherche point, pour honorer sa vie,
De plus illustre mort ni plus digne d’envie
Que de mourir au lit où ses pères sont morts.

Il contemple du port les insolentes rages
Des vents de la faveur, auteurs de nos orages,
Allumer des mutins les desseins factieux,
Et voit en un clin d’oeil, par un contraire échange,
L’un déchiré du peuple au milieu de la fange,
Et l’autre en même temps élevé dans les cieux.

S’il ne possède point ces maisons magnifiques,
Ces tours, ces chapiteaux, ces superbes portiques,
Où la magnificence étale ses attraits,
Il jouit des beautés qu’ont les saisons nouvelles,
Il voit de la verdure et des fleurs naturelles
Qu’en ces riches lambris l’on ne voit qu’en portraits.

Crois-moi, retirons-nous hors de la multitude
Et vivons désormais loin de la servitude
De ces palais dorés où tout le monde accourt.
Sous un chêne élevé, les arbrisseaux s’ennuient
Et devant le soleil tous les astres s’enfuient
De peur d’être obligés de lui faire la cour.

Après qu’on a suivi sans aucune assurance
Cette vaine faveur qui nous paît d’espérance,
L’envie en un moment tous nos desseins détruit.
Ce n’est qu’une fumée, il n’est rien de si frêle ;
Sa plus belle moisson est sujette à la grêle
Et souvent elle n’a que des fleurs pour du fruit.

Agréables déserts, séjour de l’innocence,
Où, loin des vanités, de la magnificence,
Commence mon repos et finit mon tourment,
Vallons, fleuves, rochers, plaisante solitude,
Si vous fûtes témoins de mon inquiétude,
Soyez-le désormais de mon contentement.

Honorat de Bueil de Racan     ( 1589- 1670 )        

Pieter Boel (1663)
Allégorie des vanités du monde
Musée des Beaux Arts de Lille 


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La Chanson du Mois

Le chanteur Marc Ogeret, connu notamment pour ses interprétations des poèmes d’Aragon, est mort lundi 4 juin à l’âge de 86 ans.

Il avait commencé sa carrière au début des années 1960 dans plusieurs cabarets de la rive gauche, à Paris.
Il avait reçu en 1962 le prix de l’Académie Charles-Cros. Il avait également été nommé chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres en 1983.
Interprète d’Aragon mais aussi de Jean Genet, Pierre Seghers et d’Aristide Bruant, il avait à son répertoire la plupart des chants révolutionnaires qui ont fait l’histoire de France.

écouter:

MAINTENANT QUE LA JEUNESSE

Maintenant que la jeunesse
s’éteint au carreau bleui
Maintenant que la jeunesse
machinale m’a trahi

Maintenant que la jeunesse
tu t’en souviens souviens-t-en
Maintenant que la jeunesse
chante à d’autres le printemps

Maintenant que la jeunesse
n’est plus ici n’est plus là
Maintenant que la jeunesse
suit un nuage étranger

Maintenant que la jeunesse
a fui , voleur généreux
me laissant mon droit d’aînesse
et l’argent de mes cheveux
Il fait beau à n’y pas croire
Il fait beau comme jamais

Quel temps quel temps sans mémoire
on ne sait plus comment voir
ni se lever ni s’asseoir
Il fait beau comme jamais

C’est un temps contre nature
comme le ciel des peintures
comme l’oubli des tortures
Il fait beau comme jamais

Frais comme l’eau sous la rame
un temps fort comme une femme
un temps à damner son âme
Il fait beau comme jamais

Un temps à rire et à courir
un temps à ne pas mourir
un temps à craindre le pire
Il fait beau comme jamais.

 

Louis  ARAGON


Ordre du jour du conseil communautaire de la CCMR


logo-ccmrCONSEIL COMMUNAUTAIRE
du MARDI 12 JUIN 2018

20H30

HARRÉVILLE les CHANTEURS
Salle des Fêtes

ORDRE DU JOUR

1. Résultat Appel d’Offres Autorisation d’Occupation Temporaire Camping les Hirondelles
2.  SDED Modification Statuts Représentativité
3.  SMIAHVM Modification Statuts
4.  SMIAHVM Délégués
5.  Carte Scolaire
6.  Accessibilité Ecole Andelot
7. Modification Tableaux Effectifs ( Budget Principal et Budget Scolaire)
8. Création Parcours Emploi Compétences
9. Annulation Participations Audeloncourt
10. Mise en place Compte Epargne Temps
11. Adhésion au service Règlement Général des Protections des Données
12. INFO-COM ( Location Véhicule)
13. Ecriture Régularisation Syndicat Hydraulique Mouzon
14. Résiliation par le SITS de la Région d’Andelot convention locaux communautaires
15. Subventions Sportives
16. Projet Séjour Liez
17. Projet Séjour Bellecin
18. Consultation Etude de Sol Bâtiment Relais Illoud
19. Analyse Offres Maison Santé Breuvannes ( Contrôleur Technique, Coordinateur SPS et Géotechnlcien)
20. Nombre  Vice-Présidents
21. Elections  Vice-Présidents
22. Validation APD Bâtiment Communautaire
23. Géomètre Bornage Terrain Illoud
24. Remboursement SMACL Maison Santé Bourmont
25. Questions diverses


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Roger MASSON peintre

 Roger MASSON 1890- 1950

par Jean GEORGES

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 Roger MASSON est né le 16 octobre 1890 à Doulaincourt en Haute-Marne. Il est issu d’une famille de quatre enfants dont les parents étaient confectionneurs au village. La famille a payé son tribut au cours de la première guerre mondiale : lui-même a été prisonnier pendant quatre ans en Allemagne, son frère ainé Raymond, lieutenant saint-cyrien, est mort en aout 1914 et son autre frère André, qui a repris l’atelier familial après la guerre, restera très marqué par ses blessures.

 Leur sœur Marguerite, qui a été mannequin chez Poiret, a épousé, en 1920, un hobereau de la région de Salerne en Italie.
Il a suivi les cours de l’école des Beaux-arts de Dijon. C’était un homme aux multiples talents artistiques ; il jouait du violon et, quand il habitait Doulaincourt, participait avec sa belle-sœur et des voisins à des soirées poétiques et musicales. Mais c’est par la peinture qu’il s’est le plus profondément exprimé.

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De sa jeunesse à Doulaincourt, il a laissé des toiles évoquant les rues du village et les bois environnants et quelques portraits des membres de sa famille. Il a exposé dans différents salons à Paris, Reims et Nancy.
Roger a épousé en 1921 à Soncourt, Jeanne CALVÈS. Elle était la deuxième des quatre filles de Georges CALVÈS, peintre animalier. La fille ainée, Marie-Didière était également peintre et excellait dans la description des chiens de chasse, des moutons et des chevaux. Elle a eu une notoriété certaine.

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 Après son mariage, vivant à Soncourt avec sa belle-famille, il s’est promené alentour, laissant le souvenir des bords de Marne et des églises voisines.
Sa palette était large : outre les paysages haut-marnais, il a laissé de nombreuses natures mortes, chaudrons de cuivre, fleurs et fruits,
L’eau avait une grande place dans ses paysages : rivières et étangs locaux, le bord de mer à Arcachon et les villages de la côte amalfitaine quand il rendait visite à sa sœur.
Il répugnait à vendre ses tableaux, ne les trouvant jamais totalement aboutis. Mais, il fallait bien vivre ; aussi son épouse, qui était couturière, concluait les ventes en son absence !

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 Un extrait d’un journal de Nancy des années 30 ne peut mieux le décrire :
« Un coloriste : M. Roger Masson. A la galerie d’art des Magasins Réunis, au 2è étage, M. Roger Masson, peintre haut-marnais, expose tableaux de fleurs, natures mortes, paysages.
[ ] Nous goûtons particulièrement des bords de rivière que semble réchauffer un soleil d’été de la Saint-Martin, ainsi que la sérénité d’un étang entouré par toute une féerie forestière : or et rouge. A noter aussi la note artistique spéciale d’un effet de neige.

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Coloriste, M. Roger Masson s’avère encore comme tel avec des tableaux de fleurs et de fruits qu’accompagnent des objets familiers. Un vase bleu, une draperie où cette teinte domine dans une chatoyante chamarrure, des reines-marguerites composent ainsi une harmonie bien rendue, bien équilibrée.
Certaines personnes qui, lorsqu’elles achètent un tableau, se préoccupent, pour la symétrie, d’avoir « le pendant », seront très satisfaites de trouver par le pinceau de M. Roger Masson, leur désir réalisé…, habilement et ingénieusement d’ailleurs. Deux toiles en particulier, sont conçues dans cette intention. Dans l’une, figure un chaudron de cuivre rouge, dit rosette, dans l’autre une bassine à confitures, en laiton ou cuivre jaune. Et, bien entendu, joue dans l’un comme dans l’autre, l’éclat lumineux des reflets. La gaieté de pommes rouges intervient ici également et bénéficie d’une facture adroite.
 »

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 Comme cet article de Marie-Jean dans la Croix de la Haute-Marne :
« [ ] Les paysages de la région enchantent Roger Masson. Ce sont des lieux où l’esprit et les dons de l’artiste peuvent s’exprimer, se développer, grandir. Roger Masson est un artiste complet pour qui, peinture, poésie, musique, lettres, sont autant de composantes de l’art qu’il pratique.
Certes, c’est surtout dans la peinture qu’il excelle. Il se spécialise dans les natures mortes, les fruits et les fleurs, les cuivres aussi. Il a un sens très prononcé des teintes pour les ustensiles ménagers en cuivre. L’ensemble de ses œuvres reflète un indéniable talent reconnu d’ailleurs par diverses récompenses décernées à l’occasion de salons et expositions.
 »

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 Une triste dénonciation calomnieuse de sympathie avec l’occupant – parce qu’il parlait allemand – qui sera heureusement réfutée par la justice – l’a profondément marqué après la seconde guerre. Son état s’est dégradé, il n’avait plus le goût de peindre.

 Il s’est éteint à Soncourt le 4 février 1950. Ses tableaux enchantent encore les salons de la famille et quelques cimaises haut-marnaises. L’un d’eux apparait de temps en temps sur le catalogue d’une salle des ventes.

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Quatre de ses toiles sont visibles au Musée de Saint-Dizier.

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Doulaincourt sous la neige, 1929 / Musée de Saint-Dizier

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Les zinnias, fleurs d’automne / Musée de Saint-Dizier

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Lilas de mon jardin / Musée de Saint-Dizier

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Le Rognon à Donjeux, paysage d’automne/ Musée de Saint-Dizier

(reproductions avec l’aimable autorisation du Musée de Saint-Dizier )


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REPAS du CLUB de TIR

Kermesse de Noël au groupe scolaire

L’ATELIER DU MARDI / Exposition 2016

Vœux du Maire 2016

INAUGURATION DE LA PHARMACIE

Brocante de Saucourt

Précis des habitants de Doulaincourt contre le Marquis de Lespéroux (1767)


Ordre du Jour du Conseil Municipal

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CONSEIL MUNICIPAL du

Vendredi 1er DECEMBRE  20h00

.

 

ORDRE DU JOUR

1 – Approbation du PV du Conseil du 09/11/2017

2 – Convention pour l’instruction des demandes de documents d’urbanisme

3- Agence Postale Communale

4 – Vente d’un bâtiment communal

5 – MFR

6 – Décision Modificative

7 – Marais (animation)

8 – Questions diverses


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